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Paroles de Mâ Ânandamayî

Un recueil de  paroles de Mâ, sans commentaires , sera présenté sur cette page. Il sera remplacé régulièrement et dans la mesure du possible, les sources seront mentionnées.

Chaque instant appartient à Dieu. Efforcez-vous de maintenir votre esprit consacré à Ses pieds. Dieu, l'Océan de Miséricorde, qui toujours bénit le monde, déverse sa grâce en tout temps.

Il appartient à l'homme de considérer tout ce qui arrive comme étant pour le mieux : "pour le mieux" signifiant ce qui est le plus utile pour la réalisation du Divin, la réalisation de la plénitude de la Béatitude.

 

 

Paru dans la revue  « Jay Mâ » n° 67-68

 

L’arbre et la graine 

 

Vous plantez une graine et il en pousse un grand arbre, avec toutes ses branches, ses ramifications, ses feuilles et d’innombrables nouvelles graines.

Une multitude infinie d’arbres sont latents dans chaque graine.

Pouvez-vous percevoir cela ?

C’est sans commencement et sans fin.

 

La graine a-t-elle le désir de faire un arbre ? Un arbre a-t-il le désir de nous abriter dans la fraîcheur de son ombre ?

  

Une graine que l’on garde dans la main ne peut germer.

Pour révéler toutes ses possibilités, elle doit se métamorphoser en plante et porter des fruits.

  

Une graine ne germera pas si l’on passe son temps à la déterrer pour l’observer.

 

Que la graine ne soit pas bien identifiée n’empêche pas l’arbre de pousser.

 

Mouvement, repos, perdent leur distinction pour qui voit.

Mouvement… repos…, la graine enfouie dans la terre repose, mais dans le même instant, le processus de germination commence, un mouvement !

Si se mouvoir signifie ne pas rester en place, comment se fait-il qu’ici mouvement et repos coïncident ?

C’est ainsi !

De la même façon chaque instant de la croissance de l’arbre est un point de repos et un passage…

 

Les feuilles poussent, tombent, ce sont autant de changements de condition.

Il s’agit toujours du même arbre.

Et cela continue…

En un moment unique.

L’arbre est en puissance des arbres, des feuilles, des fruits sans nombre, des mouvements infinis et une stabilité indescriptible.

Un instant contient en puissance des instants innombrables, où repose le Seul Instant.

 

Pensez à l’arbre. Des graines naissent de sa ramure.

Une de ces graines à son tour peut engendrer un arbre et toutes ses potentialités : un devenir infini, un être infini, une manifestation infinie.

 

La semence fait pousser l’arbre.

L’arbre fait pousser la semence.

Quand nous nous concentrons sur Une chose, pourquoi l’intégralité du UN ne se révélerait-elle pas ?

 

Les arbres sont vivants tout autant que vous et ils ont leurs propres langues.

Ainsi vous pouvez parler à un arbre, mais vous ne connaissez pas son langage.

Si vous le connaissiez, vous pourriez  converser avec lui.

Les arbres aussi ont leur langage.

Dieu est dans tout.

Sa création est infinie ainsi que son Jeu.

 

L’arbre porte des graines et de ces graines des arbres croîtront.

Une petite graine contient en puissance un grand arbre qui recommencera le cycle.

Que l’Un est en tout et que tout est en l’Un doit se révéler simultanément.

 

Lorsqu’on regarde une graine, l’on ne voit que la graine, mais ni la plante ni rien d’autre .

Lorsque l’arbre s’est développé, il porte des feuilles, des fleurs, des fruits, c’est d’une infinie variété.

Dans la graine comme telle, nulle autre chose n’existe, et par conséquent, l’on peut dire « elle n’existe pas ».

Pourtant, lorsque l’arbre est présent, tout s’y trouve de nouveau.

 

Vous voyez un bouton de fleur et ne voyez que lui,  et pourtant ce petit bouton contient déjà la fleur épanouie, le fruit, la semence et la plante tout entière.

La manifestation est universelle et sans limite, mais la vision que vous en avez est partielle et dépend d’un certain point de vue, de ce qui apparaît à vos yeux à un moment donné.

 

Dans une guirlande de fleurs, il y a un fil, des fleurs et des espaces vides entre les fleurs.

Ces « manques » sont causes de souffrance.

Comprendre ce qui unit et délivre de tout manque.

 

Il n’est pas utile d’annoncer qu’une grenade est mûre.

Sa couleur et son parfum parlent d’eux-mêmes.

 

Question : Dans quelle partie du corps est situé le centre du cœur ?

Mâ : Y a-t-il un endroit où il ne soit pas ?

Pensez à un arbre, depuis la racine jusqu’à son sommet, tout était contenu dans une graine.

Une branche ne peut-elle pousser n’importe où sur l’arbre et donner fleurs et fruits ?

Les graines que vous semez se trouvent partout en puissance dans l’arbre.

 

Quand l’écorce de l’arbre fut entamée, ce corps reçut la blessure et ressentit la souffrance.

Laissons cela. Si l’on évoquait plus longtemps de tels événements en sa présence, ce corps se raidirait probablement.

 

Le sens du manque, du vide (abhâva) et notre être vrai ( svabhava), se situent exactement au même endroit.

En fait, ils sont CELA et CELA seulement.

Que représente ce sens du manque ou de l’être vrai ?

Lui, rien que Lui, pour la bonne raison qu’il n’y a qu’une seule graine, qui est arbre aussi bien que la graine et que toutes les étapes du processus de transformation.

En vérité : Lui seul.

 

Tout travail accompli dans l’esprit de servir Dieu, comme les nouvelles pousses remplacent les anciennes feuilles, délivre de l’attachement au monde pour mieux lier à Dieu.

Plutôt que de tourner vers le dehors, il tourne vers le dedans.

Le processus est naturel.

Voyez aussi comme les vieilles feuilles tombées au pied de l’arbre fournissent un excellent engrais.

Rien n’est vain. Sachez-le !

 

Une graine que l’on a fait frire ne pourra plus jamais germer.

C’est comme ça : une fois que vous avez réalisé l’Unité, vous pouvez faire n’importe quoi, il ne s’y trouvera plus aucun germe de karma.

Quand il n’y en a pas, toutes formes, toutes variétés ne sont que CELA.

 

Dès que vous avez trouvé le Soi, l’univers entier vous appartient.

De même, qu’en recevant une graine, vous recevez en puissance un nombre infini d’arbres, de même devez-vous capter l’Instant Suprême Unique, qui, en se réalisant, ne laissera plus rien qui ne soit réalisé.

 

Textes sélectionnés par Marion Mantel extraits de :

 

« L’enseignement de Mâ Ananda Moyî »

traduit par Josette Herbert  

(éditions Albin Michel – Spiritualités vivantes)

 

« Mâ Ânandamoyî  - Vie en Jeu »

textes réunis et traduits par Jean-Claude Marol

(éditions Accarias – L’Originel)

 

 

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